Les années 1970 sont une période extrêmement prolifique pour Bush. Même si, à proprement parler, il n’a jamais adhéré tout à fait aux préceptes esthétiques et conceptuels de l’abstraction postpicturale, au cours des 10 dernières années de sa vie, l’artiste se donne la liberté d’expérimenter les idées en dehors de la sphère greenbergienne. Du milieu de 1969 jusqu’à 1970, il adopte plusieurs nouvelles pratiques esthétiques qui débouchent sur une importante transformation. Au lieu de travailler sur des toiles sans apprêt, il commence à préparer les fonds de ses peintures. Il met au point un effet de moucheture à la texture rugueuse semblable au granit en mélangeant partiellement les pigments de manière à ce qu’une partie ne soit pas absorbée. Au début, il obtient ces fonds mouchetés en appliquant la peinture sur toute la surface de la toile à l’aide d’un rouleau; plus tard, il emploiera une éponge. Avec les fonds mouchetés des années 1970, l’artiste s’éloigne de la planéité qui caractérisait ses peintures antérieures et rétablit subrepticement la relation figure-fond, abandonnée de nombreuses années auparavant. Au cours de cette période, il insuffle une liberté sans précédent à ses compositions et délaisse par la même occasion les agencements denses de blocs de couleur typiques des séries Sash, Stack et Fringe.
Comme le souligne Marc Mayer, « les œuvres des sept dernières années de Bush, presque toutes réalisées sur des fonds mouchetés, partagent une étrange rusticité, une qualité ludique et une autodérision. […] Ces fonds apprêtés offriront nombre des plus beaux et des plus ambitieux tableaux de l’artiste, des compositions saisissantes et énergiques qui captivent le regard et amusent l’esprit ». Parmi les œuvres importantes de Bush de cette période, mentionnons Symphony on Brown (août 1976), October Gold (novembre 1976), ainsi que Chopsticks (janvier 1977), son chant du cygne
(Source : ByDealers)