"Narsise Roy a dû faire l’apprentissage de son métier d’orfèvre entre 1777 et 1786. Il se peut que Robert Cruickshank l’ait formé car leurs poinçons, surtout par le graphisme des initiales RC et NR, offrent des similitudes frappantes. Toutefois, son maître pourrait avoir été l’un des nombreux autres orfèvres actifs à Montréal à cette époque : Louis-Nicolas Gaudin, dit La Poterie, Charles-François Delique, Jacques Varin, dit La Pistole, Joseph Schindler, Louis-Alexandre et Pierre Huguet, dit Latour, Bernard Decousse, Dominique Rousseau, François Larsonneur, Caspar Frederic Grunewalt, Pierre Foureur, dit Champagne, Simon Beaugrand, John Wood, Michael Arnoldi.
L’engagement successif de cinq apprentis reflète une activité intense : Jean-Baptiste Lapointe en 1793 pour une période de six ans, avec lequel Roy restera en contact et à qui il servira de témoin lors de son mariage en 1802, Charles-Olivier, Lepage en 1796, Antoine Delisle en 1797, Louis Tribaut, dit Laffriquain, en 1801 et François Leclair en 1802.
De 1801 à 1804, Roy a rempli pour la North West Company des commandes totalisant la quantité impressionnante de quelque 45 000 objets de traite en argent : broches, boucles d’oreilles, breloques en forme de croix, bracelets et couettes ; les revenus générés, £1 500, constituent une somme fort importante. Roy a aussi vendu à la même compagnie des produits tels que du tissu à la verge et des souliers.
Actif durant 27 ans, Narsise Roy a engagé 5 apprentis ; Cruickshank en a pris le même nombre sur une période de 34 ans, tandis que Huguet, en 35 ans de pratique, a compté sur l’aide de 2 maîtres orfèvres et de 8 apprentis. Ces deux derniers ont cependant fabriqué beaucoup d’orfèvrerie religieuse et domestique. Roy peut donc être classé parmi les plus importants producteurs d’orfèvrerie de traite auprès des Huguet, Cruickshank, Amoldi, Rousseau et Schindler"
Dictionnaire biographique du Canada