Jeanne O’Dowd, née à Verdun en 1911, fréquente enfant l’école Notre-Dame-de-la-Paix, dirigée par les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Elle poursuit ses études au couvent de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Elle suit par la suite des cours de piano et obtient un diplôme supérieur du Conservatoire national de musique de l’Université de Montréal en 1930. La même année, elle entre au postulat de la Congrégation de Notre-Dame. Deux ans plus tard, elle fait sa profession religieuse et prend le nom de sœur Sainte-Ernestine-Marie. Sa carrière débute comme enseignante de musique et de chant au Holy Angels Convent de Sydney en Nouvelle-Écosse. En 1937, elle est nommée au studio de dessin du Notre Dame Convent (Gloucester Campus) à Ottawa, puis, un an plus tard, elle devient responsable du studio d’art du couvent Notre-Dame-de-la-Trinité à Pointe-aux-Trembles (Montréal). En parallèle avec sa carrière d’enseignante, elle poursuit ses études en dessin et en arts décoratifs à l’École supérieure des arts et métiers. En 1956, elle y est nommée enseignante de dessin, de peinture et de pyrogravure. Aux côtés de l’artiste Richard Thériault, elle s’initie à l’émail sur cuivre, une technique qui en est encore à ses balbutiements à Montréal dans les années 1950. À l’École supérieure des arts et métiers, elle prodigue des cours spécialisés en émaillage, un métier d’art qui consiste à appliquer de la poudre d’émail composée d’un amalgame de minéraux sur des métaux, en l’occurrence le cuivre, que l’on cuit au four à température très élevée. Il en résulte des œuvres décoratives très colorées, notamment utilisées en joaillerie, discipline qu’elle enseigne aussi. Sœur Jeanne O’Dowd est l’une des rares personnes qui enseigne l’orfèvrerie et la joaillerie dans les années 1960 à Montréal. Ses cours de joaillerie attirent une soixantaine d’étudiants chaque année. Elle œuvre à l’École supérieure des arts et métiers pendant trente-cinq ans. À titre d’artiste émailleuse, sœur Jeanne O’Dowd effectue des formations de perfectionnement dont une auprès de l’américain Kenneth Bates du Cleveland Institute of Art. Comme joaillère, elle effectue de nombreux stages aux États-Unis auprès d’artistes réputés comme la danoise Adda Husted-Andersen, Arline Fisch et Heikki Seppa. À partir de 1966, elle travaille pendant trois ans auprès du bijoutier suisse Philippe Vauthier, installé à Montréal. Au cours de sa carrière, elle s’intéresse à différentes formes d’art comme la céramique, le verre soufflé et les arts plastiques. À partir de 1967, elle participe à des expositions de ses œuvres, seule ou en compagnie d’autres artistes. Elle est membre de la Guilde canadienne des métiers d’arts du Québec et de l’American Craft Council. En 1973, elle enseigne l’émail sur cuivre à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). En 1982, elle participe à la confection de plusieurs objets et reliquaires servant à contenir les restes de Marguerite Bourgeoys, nouvellement déclarée première sainte du Canada. Elle enseigne la joaillerie jusqu’en 1988.
Pendant plus de 50 ans, sœur Jeanne O’Dowd enseigne différentes formes d’art à des milliers de femmes et d’hommes. Son fonds personnel témoigne non seulement de sa formation académique, mais aussi de ses activités professionnelles à titre d’enseignante et d’artiste. Son fonds fait également état des nombreuses formations de perfectionnement qu’elle a suivies au Québec, aux États-Unis, au Mexique et en France. Spécialisée en émaillage des métaux et en joaillerie, sœur Jeanne O’Dowd créé des milliers d’œuvres d’arts au cours de sa carrière, œuvres que le grand public a pu découvrir dans plusieurs expositions.
Source : Service des archives de la Congrégation de Notre-Dame, 2026-04-24